J'en ai eu des coups de coeurs, mais des comme ca, jamais. Aprés avoir souffert l'amour deux petites fois, aprés avoir écouté des promesses qui n'ont jamais tenu plus de quelques jours, aprés avoir été un objet carresser par des doigts qui ne sentaient pas ma peau frissonée, on s'était promis, moi et mon coeur abimés par les tempêtes, que l'amour allait devenir un vieil ami et que jamais on ne lui redonnerait la main. Mais finalement j'suis devenue comme ceux-là*, j'me suis faite une promesse que je n'ai su tenir que par la main, justement. J'ai rencontré un garçon qui a su me cribler, qui a su m'apprendre avec envie l'a b c de l'amour. Au début c'était dur pour lui, et pour moi aussi, je n'savais pas parler l'amour, je n'savais pas dire des mots que l'on aime entendre. Ces mots je les déposaient sur du papier décoré de deux ou trois coeurs. Pour moi la vérité était se qui s'écrivait, j'en avait toujours été convaincu mais je savais aussi qu'il ne fallait pas s'en contenter. Alors il m'a appris la diction de ces mots, je les voulait sensibles et subtiles, fragiles et invincibles. Avec le temps qui passe et les sentiments de plus en plus envahissant, je lui ai conté dans le creux de l'oreille combien je l'aimais. Et là je m'suis dit que prononcer les mots d'amour ce n'était pas l'plus dur, non, l'plus dur pour moi, c'était d'les entendre parce que quand il me disait "je t'aime" c'était comme si le monde entier avait disparu. Ses mots avaient plus de pouvoir en moi que n'importe quoi d'autre, c'était effrayant à quel point je voulais, à quel point j'avais besoin de les entendre. Je me suis senti plus vivante, plus forte, mais je me suis aussi senti coupable de n'pas lui avoir dit mon amour plus tôt, de cette manière la. Il ma mise à nue. Il est tellement différent des autres garçons aussi...