Te souviens-tu l'année derrière en début d'année, tu n'm'aimais pas, pas vraiment. J'n'étais pas à ton goût, psychologiquement et puis physiquement aussi. Le trois septembre deux mille six, un peu pommée, moi et mon bermuda blanc accompagnée de mes vieilles ballerines ainsi que de mon polo rose, je crois, j'ai débarqué dans la classe et je t'ai remarqué. Tout le monde t'apellait "Bradin", le surfeur au cheveux long, blond, les yeux vert, qui appliquait son apparence vestimentaire. La première fois que l'on s'est parlé, c'était en cours de physique, comme à l'habitude nous nous faisions chambrer par Mr. Le professeur, il t'a demandé quel était ton plat préféré, tu as répondu "les fajitas" avec un d'tes sourires, j'étais derrière toi et je t'ai répondu qu'il était également le mien, tu as répliqué quelque chose comme "ralala c'est trop bon". On a commencé à s'parler, s'parler vraiment j'veux dire, à la fin de ce mois ci, et puis y'a eu un d'ces déclic pour toi, la description que l'on devait faire de nous, en module français, tu t'y étais retrouvé, tellement retrouvé. Nos défauts, nos qualités, nos envies, nos rêves, tout était similaire. Les mois suivants on a continué à échanger, à s'confier ce que l'on aime faire, ce que l'on déteste, des détails simples, futils qui nous apprenaient un peu plus de l'un et de l'autre chaques jours. Des textos, des appels, rien de très exceptionnel mais des gestes qui nous faisaient sourire, simplement sourire. Des confidences trop souvent profondes, peut-être, des épaules et oreilles qui se sont rendus plus qu'utiles, à cette époque là. Deux personnes qui se prenaient pour les " Jumeaux et Jumelles " du deuxième millénaire due à leur ressemblance. Des paris, qui nous rapprochaient sans nous en rendre compte. Des choses comme ca, juste des mots, des sourires, des coups d'sang qui nous ont guidé jusqu'à l'union de deux pronoms personnels que nous conjuguions à l'intemporel, de véritables gamins qui s'balancaient des "pour toujours", des expressions trop répétés, sans significations apparentes. Nous avons continué comme ca, à jouer, à s'bouffer l'coeur petit à petit jusqu'aux vacances d'avril où je t'ai dis c'qui m'rongeais, j't'ai demandé des réponses à mes questions, des signes, des mots pour que tu me dises si ce que je ressentais, tu le ressentais, toi aussi. Oui, tu le ressentais, nous nous sommes senti soulagés de s'être avoués nos pensées, nos envies communes. Nous avions attendu, trop peu, je crois. Nous avions foncé dans l'mur, droit devant, la tête haute mais ce vingt-cinq avril deux mille sept, nous ne le savions pas encore, nous étions bercés d'illusions, du moins, je l'étais, comme personne, comme jamais. Midi, l'heure et demi de maths que nous venions de parcourir sur nos chaises d'écoliers passée, tu m'as accompagné sous le préau, je suis parti vers la sortie, tu m'as dit d'attendre, je me suis retournée, tu m'as embrassé, comme ca en deux temps trois mouvements, je n'm'y attendais pas, pas du tout. Nous avons alors descendu la rue, tu m'as volé un baiser et tu es parti. Deux, trois jours se sont écoulés. J'étais perdue, je n'savais plus que faire, ne pas te faire mal, toi et ta générosité bien trop prévisible. Je t'ai fais mal, sans le vouloir, sans arrière pensée j'mettais trompée de moments, mon coeur avait déraillé, il n'avait pas pris l'bon chemin. J'me sentais conne, terriblement conne, j'm'en voulais, j'savais plus où nous foutre, moi et ma conscience débordante de maladresse et de confusions. J'ai cru faussement, en une amitié retrouvée, une pensée dérisoire. Tu as appris à me pardonner, à ne plus croire que tu avais été le donneur de naissance de ma contradiction, de mon déséquilibre sentimental. La fin des cours n'a pas cessé de raisonner dans nos esprits, la fin d'une année à tes côtés, d'une belle année colorée qui avait sombrit... j'y avais ajouté du gris, à contre coeur, à contre sens de nos espérances. Il y a alors eu ce quinze juin deux mille sept, je suis arrivée chez toi, en retard pour ne pas changer, tout le monde était là, les gateaux apéros' avaient été dévalisés, les bières aussi. La nuit est tombée et puis j'ai rencontré Madame Vodka, elle a été généreuse avec moi, beaucoup trop surement mais je l'a remercie tout de même. Minuit passé, la musique sifflait dans nos oreilles. Mlle L'irlandaise faisait son marché et choisissait les bouts d'hommes qu'elle aimerait bien se mettre sous la dent, tu as été sa troisième cible, je n'sais pas vraiment en fait, il y en a eu trop, trop en l'espace d'une soirée pour que je suive son aventure au pays des merveilles. Je t'ai vu, avec elle. J'étais folle, folle de jalousie alors j'l'ai insulté. Et j'suis venue vers toi, j't'ai lancé un regard qui en disait long, je pense, et je t'ai embrassé. Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre et quel allait être la pensée que nous allions avoir lorsque nos nez rouges auront disparu. Nous sommes alors restés sur nos positions alcoolisées et avons décidé de repartir à zéro, en quelque sorte. Les jours, les mois, se sont alors accumulés. Les toi chez moi et vice versa. Les "tu me manques", les "je pense à toi", les "j'ai hâte de te voir" ont vu le jours. Nous nous sommes attachés, l'un à l'autre, nourrit de tout c'que nous pouvions nous nourrir. Pour la première fois tu connais l'amour, je l'avais connu avant, je crois, mais pas d'cette manière, pas de long en large, de l'est à l'ouest en passant du nord au sud, par tous les temps, à tous les temps, non. Je n'savais pas que tout ca, tout ces états d'âmes, ces moments passés à s'découvrir, à entretenir le manque, à mieux s'aimer pouvaient crée un aussi beau mélange que celui ci. Aujourd'hui, sans racunes, six mois aprés cette soirée, le coeur débordant d'espoir, de bonheur et d'amour j'te l'dis et te l'redis " Pour De Vrai ". Après avoir fouillé ton coeur de fond en comble, d'y avoir enlevé les poussières de ton passé, je sais quelle est ta faiblesse, quelle est ta force et je sais surtout une chose, c'est qu'il existe deux types d'hommes sur terre: les Autres et Toi. Ma jolie évidence.